RENCONTRE AVEC CHRISTOPHE GICQUEL (2/9/08)Le nouvel entraîneur du CEP Lorient a eu la gentillesse de nous livrer ses ambitions et projets pour ses nouvelles couleurs. Peux tu te présenter ? Christophe Gicquel, né le 11/01/74 à Lorient. J’ai pratiqué le foot jusqu’à l’age de 15 ans. Suite à une blessure je me suis mis au basket.Je n’appréciais pas vraiment ce sport jusqu’au jour ou je suis entré au palais des sports de Kervaric lors d’une rencontre pro A. ce fut le déclic et a ce jour le virus de la balle orange me poursuit toujours.J’ai commencé comme joueur puis éducateur au FOLCLO. Depuis 2002 je travaille pour le comité départemental et parallèlement j’ai entraîné au BOP pendant 5 années ou j’ai vraiment vécu de grands moments. Pourquoi avoir fait le choix du CEP Lorient ? Le défi. J’ai toujours été attiré par les projets sportifs et le challenge que m’ont proposé les dirigeants me plait beaucoup. Il était temps pour moi de relancer ma motivation avec des structures différentes et un nouveau groupe. Le discours est très clair, on me laisse carte blanche sur l’aspect sportif et un peu de temps pour atteindre les objectifs ce qui me permet de travailler sereinement et sans pression trop importante à gérer. Que penses tu apporter au CEP ? Dans un premier temps ma mission sera essentiellement orientée sur l’équipe première. Le travail est déjà très important et le programme relativement chargé jusqu’au début du championnat. A ce sujet je remercie Erwan Le Goff, Paul Le Guennic et Daniel Le Guen pour leur soutien non négligeable qui me permet de trouver plus vite mes repères. Dans peu de temps, nous allons discuter des grands axes et d’éventuels projets sur lesquels nous pourrions discuter avec l’équipe dirigeante pour développer la filière masculine. Je pense avoir une certaine expérience du niveau pré nationale et nationale 3 puisque je le côtoie depuis pas mal d’années. Nous allons essayer, avec la complicité de Greg Tahon, de tirer le meilleur de chaque joueur pour rendre l’équipe la plus performante possible. En ce qui me concerne, je ne suis pas venu pour rester en pré nationale. Le travail et la rigueur sont les bases de la réussite et je compte bien évoluer dans ce contexte. Quelles seront les lignes directrices de la prochaine saison et les objectifs ? Dans un premier temps il faut que chacun puisse trouver sa place dans le groupe. Un nouveau coach et de nouveaux joueurs bouleversent sensiblement la hiérarchie de l’an passée. De plus, en accord avec Erwan Le Goff nous avons proposé à 2/3 jeunes qui présentent un potentiel d’intégrer les entraînements avec l’équipe première. Pour cela ils doivent prendre conscience de la chance qui leur est accordée. Le message est clair : s’il peuvent apporter quelque chose à l’équipe ils amèneront une concurrence supplémentaire et personne n’est à l’abri d’être remplacé par un autre joueur. Néanmoins il leur faudra beaucoup de volonté et d’engagement pour avoir des responsabilités dans notre effectif mais certains en ont la capacité. Ils doivent juste s’en persuader et se mettre au travail. Par ailleurs, les méthodes et les habitudes ne sont peut être pas les mêmes que l’an passé, et il est primordial pour moi de poser le cadre dans lequel on va évoluer cette saison. Les joueurs doivent prendre conscience du niveau de jeu qui nous attend. J’attache une énorme importance au début de championnat qui sera déterminant et définira notre statut dans cette poule. Le volume de travail est très important, la mise en place très longue c’est pourquoi les prochaines semaines seront primordiales pour bien aborder la compétition. Les 2 matches amicaux que nous avons joués sont pleins d’enseignements et les choses se mettent tout doucement en place. Néanmoins il ne faut pas oublier que l’équipe monte et que l’on part d’assez loin au vu des équipes qui composent la poule de pré nationale. Je reste malgré tout optimiste et si nous continuons de travailler dur, et si les blessures nous épargnent nous devrions progresser rapidement et créer quelques surprises…je le répète, si nous travaillons dur ! Tu t’es attaché les services de Greg Tahon. Pourquoi ? Greg n’est plus à présenter. Son passé de joueur va nous apporter une expérience non négligeable. J’ai discuté avec lui plusieurs fois pour lui présenter mes objectifs et mes attentes dans son rôle d’assistant et le projet semble l’avoir séduit. La qualité de l’entraînement sera meilleure car nous pourrons nous partager le travail. Pour nous aussi c’est quelque chose d’un peu nouveau. Pour lui il s’agit d’intégrer l’équipe première dans un staff et non comme joueur, pour ma part de travailler avec un assistant et d’échanger sur les différents choix et orientations pour le bien de l’équipe. De plus il pourra me seconder en cas d’absence. Penses tu que Lorient peut retrouver le niveau national (N3/N2) ? Bien entendu. Avec un peu de temps et surtout beaucoup de travail. Un projet sur le long terme est nécessaire et je crois qu’actuellement il faut être ambitieux sans pour autant fixer des objectifs surréalistes. Nous devons regarder vers l’avant, prendre notre temps et ne pas trop se focaliser sur les années passées car l’évolution du basket nous amène à voir les choses un peu différemment à présent. Quelles sont pour toi les solutions pour y arriver ? La première chose c’est qu’on ne peut avoir une équipe en championnat de France seniors sans équipes en championnat de France jeunes, du moins pas sur le long terme et je sais de quoi je parle. Nous serons amenés à structurer la filière au plus vite en matière d’encadrement. Former les cadres afin qu’ils soient encore plus compétents et permettre aux benjamins / minimes / cadets de s’entraîner 4 à 5 fois par semaine. Parallèlement, le club devra également se structurer dans divers domaines. Quelle place pour la formation et les objectifs pour les jeunes ? Actuellement c’est Erwan Le Goff qui assure cette mission de formation. Nous pourrons développer cet aspect un peu plus tard lorsque la saison sera lancée et que nous aurons un peu de temps pour y réfléchir. J’ai cependant la certitude que se sera un axe fort du développement de la section si on souhaite évoluer vers le bon voir le haut niveau. Que penses tu du basket en général au niveau national comme local ? Je crois qu’à tous les niveaux cela devient de plus en plus complexe. Le manque de moyens, de bénévoles, de créneaux, l’évolution de la société qui devient de plus en plus consommatrice et j’en passe, font que la majorité des associations ont beaucoup de difficultés à développer leur section. Prenons le cas de l’encadrement dans notre département ; chaque année, les clubs sont de plus en plus nombreux à rechercher des entraîneurs qualifiés. Les éducateurs brevetés d’état eux sont de moins en moins nombreux et les projets sportifs associés aux conditions de travail motivent moins les entraîneurs de nos jours. Il n’est plus rare de voir des changements d’orientations professionnelles car les salaires et la sécurité de l’emploi ne permettent plus d’avoir des garanties sur leur évolution de carrière. Les missions qui leurs sont confiées sont nombreuses et tournent essentiellement autour de l’encadrement de beaucoup d’équipes. Dans ces conditions, et je ne suis pas convaincu que l’on puisse vraiment être dans le qualitatif, mais comme je le précise auparavant, les clubs n’ont pas vraiment le choix. Pas mal de collègues se posent des questions sur leur avenir et à vrai et je ne sais pas comment tout cela va s’articuler dans les prochaines années. Les nouvelles directives gouvernementales, même si elles ne sont pas encore très claires vont-elles aussi certainement amenées des modifications dans notre mode de fonctionnement. La solution passe, à mon sens, par une évolution des mentalités et peut être par une mutualisation des efforts, mais c’est un autre débat que nous avons ouvert il y a peu de temps et qui je l’espère nous permettra d’améliorer le niveau du basket. |