Dossier de Presse PDF Imprimer Email
Sautier dans la mêlée (Le Télégramme  17/7/10)

La première recrue du patronage lorientais était à Lorient, hier, pour régler quelques formalités administratives. Le temps pour nous de rencontrer cet ailier musculeux que l’on présente comme le nouveau leader offensif du CEP Lorient.



Sur la plaque d’immatriculation de sa belle cylindrée, l’emblème de Narbonne, comme pour mieux authentifier ses origines. Sur ses épaules, un de ces t-shirts marins à la mode, comme pour mieux acter sa signature en Bretagne. De passage à Lorient pour signer son inscription universitaire et dénicher un deux-pièces au centre-ville, Sylvain Sautier (21 ans) en a profité pour étaler ses ambitions et raconter son arrivée dans le Morbihan.

Un renfort de taille


« Je suis ici pour marquer des points, prendre des rebonds et que Lorient se maintienne en Nationale 3 », lance-t-il d’un doux accent  qui ferait presque oublier sa carrure : 1m98 sous la toise, et 93 kilos sur la balance. Pourtant, il y a encore cinq ans, c’est bien son physique « gringalet » qui lui barra la route vers les sommets. Après deux saisons au pôle espoirs de Montpellier, l’ailier prit en effet la direction de Toulouges pour intégrer les cadets France, « mais à l’époque, je ne faisais qu’1m75, et n’étais pas vraiment costaud. Je suis donc allé à Coursan, en région », se souvient celui qui parvint tout de même à reprendre la direction de Toulouges trois ans plus tard, en Nationale 2. Avec des stats plutôt flatteuse pour celui qui n’avait, à l’époque, que 18 ans : 8 points, 4 rebonds et 1 contre en moyenne par matchs. 

« J’ai bien accroché avec le groupe »


Trois nouvelles années, des centaines de séances de musculation et 906 kilomètres plus tard, le voilà donc sous le ciel changeant de la cité lorientaise, « que je ne connais qu’à travers l’ABCEP, le club historique », remarque-t-il. Au fait, pourquoi Lorient ? « En fait, c’est par un contact avec une amie et joueuse pro, Joyce Cousseins-Smith, que je suis arrivé ici. J’ai réalisé des tests, et le coach m’a engagé. En plus, j’ai bien accroché avec le groupe, et un certain « Rako » (Eric Rakotondrasolo, ndlr). Il est très sympa, comme tous les mecs ici d’ailleurs », se réjouit le meilleur marqueur de Coursan (N3M) l’an passé, qui  sera sur le parquet de Brisset dès le 10 août prochain, date de la reprise de l’entraînement d’un groupe qui s’était héroïquement maintenu en mai dernier. Avec, pour celui qui est né au pays du rugby,  une seule idée en tête : transformer l’essai de la saison passée.

Pierre Bernard
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LE TELEGRAMME(12/04/10)

N3M. CS Betton - CEP Lorient (65-71) CEP extra !

Ils l'ont fait! Samedi, les Lorientais ont vaincu le CS Betton au terme d'un match incroyablement passionnant, renouvelant ainsi leur bail en Nationale 3.

De l'ombre à la lumière, du rêve à la réalité, de la zone rouge à la vie en rose. Acculé dans le wagon des relégués depuis la 10e journée et une piteuse sortie à La Similienne, le CEP Lorient a donc quitté le train en marche à la 880e et dernière minute de la saison, samedi, dans la rutilante salle du CS Betton.

Meilleure défense du championnat!

«Un véritable exploit», dira d'abord, d'une voix empreinte d'émotion, le président Robert Monot. «Un pur bonheur, un moment complètement fou pour sceller une année complètement folle», complétera ensuite, dans un sourire extatique, Eric Rakotondrasolo, qui dans cette dégoulinade de joie aura finalement vécu le triomphe du fond du banc, poche de glace et gel d'arnica posés sur sa cheville toujours endolorie. Un triomphe aux allures de chevauchées fantastiques pour cette équipe qui, pour s'en sortir, dût piquer un sprint olympien dans les vicissitudes de cette fin de saison, signant quatre succès consécutifs lors des quatre dernières journées. Réguliers comme les crépitements d'un appareil photographique depuis l'équinoxe du printemps, les Lorientais ont donc broyé la mine des pronostiqueurs et déjoué les plans de leurs adversaires, marquant du sceau de la défense chacune des rencontres. Samedi soir, les statistiques ont d'ailleurs parlé: en encaissant 65 points, l'équipe morbihannaise s'est élevée au rang de meilleure armure du championnat, encaissant, en moyenne, 72points par rencontre. «L'objectif, samedi, était bien évidemment de gagner pour se maintenir, mais aussi de terminer meilleure défense du groupe. A Lorient, c'est presque une tradition, et c'était aussi un remerciement à Christophe Gicquel», avouera Gauthier Le Borgne. Mais samedi, le CEP a surtout écrit une nouvelle page de son histoire, «qui nous permet de poursuivre notre projet», confiait Robert Monot, les yeux rougis par le bonheur.

Un acte de naissance

Malgré son étiquette de plus petit budget de cette poule E, avec 90.000 euros dans les poches, le CEP Lorient entame désormais un nouveau virage, avec davantage de certitudes que de craintes. «L'an prochain, les mutés de cette saison pourront être titularisés à chaque rencontre. On sait aussi que le staff recrutera de nouveaux joueurs, et que l'on sera donc plus fort», explique Eric Rakotondrasolo, qui rappelle que les grandes équipes naissent dans la difficulté et l'exploit. L'ABCEP est mort un soir de juin1992, le CEP est donc né un soir d'avril2010. Au forceps et par césarienne, sous la lumière crue de la salle bettonnaise comparable à celle d'un bloc chirurgical. Son premier cri fut strident et de joie, et a duré «toute la nuit, dans toutes les boîtes de nuits de la ville» s'esclaffaient, hier au téléphone, Dréano et ses partenaires, désormais installés pour de bon dans le berceau de la N3. Des jeunes basketteurs qui ne demandent désormais plus qu'à grandir.

  • Pierre Bernard

CEP Lorient Avec l'expérience d'un Praud

Le triomphe du patronage lorientais est aussi celui de Johann Praud, arrivé à la hâte pour diriger une troupe d'adolescents en manque d'expérience. Il fait partie de ces hommes qui pensent que l'espoir, c'est le pouvoir. Sous sa coupe impeccable brossée, lui conférant une allure quasi-professorale, Johann Praud s'est fait remarquer cette saison par son optimisme sans faille, quand ses joueurs eux-mêmes ne voyaient pas le bout du tunnel.

«Il nous a offert le maintien»

«Je suis comme cela. Je suis un éternel optimiste, dans la vie privée comme sur un terrain de basket-ball», avoue l'intéressé, qui lors des jours sombres déployait les mêmes discours à la presse locale: «On y arrivera. Vous verrez, tout cela se terminera avec des sourires, même s'il faut attendre le dernier match à Betton», confiait-t-il au soir de la défaite à Rennes, en décembre dernier. D'une voix qui ne s'est jamais penchée vers l'octave inférieure, Praud a donc délivré son message d'optimisme de la première à la dernière journée, galvanisant ses joueurs qui aujourd'hui lui rendent un bel hommage. «Si nous sommes là aujourd'hui, c'est grâce à lui. Johann nous a offert le maintien. A un moment de la saison, on n'y croyait plus vraiment, mais lui n'a cessé de nous dire que c'était possible», juge aujourd'hui Eric Rakotondrasolo, suivi par Pierre-Marie Dréano. «Il nous a vraiment aidés à grandir. Si, samedi, on était aussi serein, c'était grâce à son discours».

«L'homme de la situation»

Tout au long de la saison, Praud a donc cru en son équipe comme un fidèle en sa religion. Même coincé dans l'étouffoir de la zone rouge, «quand nous n'étions qu'à trois succès à la fin de la poule aller», se souvient-il. «Je pense que mon expérience m'a servi dans ces moments difficiles. J'ai vécu plus de dix ans en Nationale 3, et je connais par coeur cette division, des Pays-de-la-Loire jusqu'à la Bretagne», explique celui qui a toujours baladé son sourire dans les entrailles de la salle Brisset, bluffant même, parfois, ses dirigeants. «Il est presque trop optimiste!», rigole aujourd'hui son président Robert Monot. «Il a fait un sacré boulot. C'est l'homme de la situation, l'homme avec qui on peut construire quelque chose de beau».

LE TELEGRAMME(11/04/10)

N3M. Betton - CEP Lorient : 65-71 Le CEP sauve sa tête

Dans une ambiance de folie, le CEP est venu arracher son maintien au bout d'une rencontre âpre, disputée, mais surtout très correcte. Une issue logique pour le collectif de Johan Praud, plus complet, plus cohérent, et tout simplement meilleur, hier soir.

Les Lorientais ont eu rapidement toutes les cartes en mains, à Betton. En provoquant sans cesse en un contre un dans le jeu intérieur, ils ont occasionné de gros dégâts chez leurs adversaires (20fautes à la pause pour Betton). A force de laisser traîner les mains, les hommes de Patrice Sclear ont donc été contraints et forcés de jouer contre nature et de passer en zone. Ils ont dû aussi se priver des services de leur emblématique capitaine, Christophe Michelet, lequel faisait ses adieux à l'occasion. Heureusement, serait-on tenté d'écrire pour les Lorientais car Michelet avait eu la main particulièrement chaude à l'occasion des dix premières minutes prolifiques (13points pour lui pour un score de 29-26).

Betton sévèrement sanctionné!

Au cours des déboires bettonnais, Johan Praud avait fait tourner son effectif. Trop peut-être car la cohésion offensive avait laissé à désirer par instant. Le coach lorientais s'était même offert la gageure de laisser Simon Le Prado sur la touche face à la zone adverse. Etonnant d'un côté, mais pas d'un autre, puisque ses protégés s'étaient retrouvés menés au score contre toute attente au repos (45-43).

La peur s'installe

Mais, comme il fallait s'y attendre, Betton devait desserrer l'étreinte lors du troisième acte. Et, paradoxalement, le CEP n'en profitait pas. Certes, sous la conduite de Florian Pouxviel et de Hiro Rota, les Merlus passaient en tête, mais sans vraiment dominer leur sujet. Bizarrement, ils ne provoquaient plus les Bettonnais. Une aubaine pour ces derniers qui s'accrochaient vaille que vaille. Et, même lorsque Le Prado offrait neuf points d'avance à ses couleurs à trois minutes de la fin (58-67), Michelet sortait les crocs et ramenait les siens à quatre points. La peur semblait s'installer dans les têtes lorientaises, surtout chez Rota, qui ratait trois lancers-francs du money-time. Mais, fort logiquement, le gain de la partie tombait dans l'escarcelle lorientaise. Pierre-Marie Dréano clôturait la saison. Il était temps alors d'entrer dans la danse.

Evolution des quarts-temps: 29-26, 45-43, 55-58, 65-71.

BETTON: 26 tirs réussis sur 58, dont 6 sur 18 à trois points; 7 lancers-francs sur 11; 28 fautes. Renault (10), Michelet (16), Sané (5), Michel (10), Paisley (4), Boré (8), Bachy (6), Dessier (4), Chevrier (2). CEP LORIENT: 24 tirs réussis sur 53 tentés, dont 5 sur 17 à trois points; 16 lancers-francs sur 28; 18 fautes. Le Prado (18), Dréano (9), Blinding (4), Leborgne (5), Pouxviel (8), Rako (1), Sahun (7), Rota (10), Mouangué (4), Glémot (4).


 

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